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Jivamukti Focus of the Month

Le sauvage et la lune

Om namah Shivaya

Invocation à Shiva, le bienveillant de bon augure, le dieu de la transformation et de la régénération, le Soi le plus élevé/ suprême, la réalité ultime

 

Le livre de chant Jivamukti: page 6. Numéro 27

Par une fraîche nuit d’automne, Shiva était assis au bord du Gange, ses longs cheveux emmêlés tombant dans le fleuve sacré. Serein, la peau recouverte de cendre, sa vieille amie la lune pouvait à peine le voir, car il se confondait dans la nature sauvage qui l’entourait. Shiva était assis les yeux fermés pendant que la lune se levait sur la rivière. Son reflet brillait sur la surface de l’eau et Shiva était content de la voir. Ils se réunissaient une fois par mois, lorsque la lune était pleine, pour parler de la vie, de la mort et d’autres mouvements de l’univers.

Cette fois, la lune semblait être un peu plus sombre que d’habitude et Shiva était un peu inquiet.

Shiva: Ma chère amie, vous sentez-vous bien? Vous semblez avoir perdu un peu de votre éclat depuis la dernière fois que je vous ai vue?

Lune: Mahadeva, je suis triste ces temps-ci. En général, je ne vois pas beaucoup de lumière quand je sors la nuit, mais dernièrement, j’ai vu tellement de feu. Les forêts tropicales sont en train de brûler et il ne semble y avoir aucun endroit sur la Terre mère qui ne soit pas touché par une quelconque lumière, j’ai peur que cela ne s’arrête pas. Avez-vous finalement décidé qu’il était temps de détruire cette planète? C’est peut-être mieux ainsi… mais vous savez que je m’attache toujours à chaque monde et deviens sentimentale lorsque la fin approche.

Shiva: Non, chère amie, ce n’était pas moi. Les êtres humains brûlent de grandes parties de la forêt tropicale, détruisant les montagnes, vidant les mers, pour élever les animaux qu’ils mangent et pour produire la lumière qu’ils utilisent. Ils pensent que manger d’autres êtres leur donne de la force et les empêche de mourir. Les humains ont très peur de la mort, le saviez-vous? Ils sont tellement attachés à leur petit corps qu’ils oublient complètement qu’ils font partie de quelque chose de beaucoup plus grand qui dépasse les limites physiques, la peau et les os. J’aimerais qu’ils apprennent des arbres, au lieu de les brûler. Les arbres dépendent des uns aux autres et, dès qu’ils meurent, ils se décomposent et se transforment en milliards de champignons et de micro-organismes qui créent un sol propice à la floraison. Pour une forêt, la mort est aussi importante que la vie, la destruction et la création sont interconnectées. Les humains semblent résister à leur nature sauvage infligeant ainsi beaucoup de mal au reste de la planète.

Lune- Pourquoi ça?

Lune: Je m’appelle Rudra, le sauvage. Je parcours les forêts, elles sont en moi tout comme je suis en elles. Je m’enduis, me recouvre de la terre vivifiante et mes cheveux se transforment en une rivière qui nourrit d’innombrables êtres. Les êtres humains ont oublié leur état naturel, qui est sauvage. Aussi sauvage que moi, aussi sauvage que la nature. Leurs pieds sont faits pour marcher sur l’herbe et la terre, leur peau est faite pour ressentir l’air et l’eau qui les entoure. Ils ont l’impression de tout contrôler

lorsqu’ils façonnent et changent leur environnement. Ils refusent de s’adapter à la nature, ils veulent constamment adapter la nature à leur volonté. Ils ont coupé leurs cheveux, l’herbe, et les arbres. Ils ont mis leurs pieds dans des chaussures et leurs corps dans des voitures. Ils regardent des écrans plutôt que le monde et mettent de l’eau dans des bouteilles en plastique pour les vendre. Ils tuent les animaux des océans pour se nourrir, ils brûlent des forêts pour élever des animaux, pour se nourrir. Manger les autres semble leur donner un faux sentiment de pouvoir ; ils pensent que contrôler la nature signifie contrôler la vie et la mort. Ils résistent à l’âge et à la mort, sans voir que cela leur fait aussi résister la vie.

Lune- Mais Maheshvara, pourquoi ne pas simplement mettre fin à ce monde? Il ne semble pas y avoir beaucoup d’espoir pour l’humanité.

Shiva: Ma chère, il y a de l’espoir. Il y en a toujours. Je suis le bienveillant, je crois en la bonté. Il y a une partie de moi dans chaque être. Il y a la paix, la tranquillité, la compassion, la conscience pure et le bonheur inhérent à tous les êtres. Je suis Pashupati, le gardien des animaux et de la nature. Dès que les gens s’unissent à moi, ils font resurgir ces qualités en eux-mêmes. J’ai transmis l’enseignement du yoga au monde et j’ai donné aux gens les outils pour se soigner. Je leur ai appris les asanas et la méditation pour être mieux connectés à la terre et calmer leurs esprits. Je leur ai enseigné le yoga pour surmonter leur ignorance, leur égoïsme, leurs aversions, leurs attachements et leur singulière peur de la mort. Je leur ai donné les outils pour se sauver et sauver leur planète.

Lune – J’oublie parfois que tu es aussi un protecteur et non seulement un destructeur

Shiva: Je détruis pour protéger. Je détruis l’ignorance et la peur. Dès que les gens commenceront à me faire confiance et dès qu’ils cesseront de résister à la vie et à la mort, ils se transformeront. Ils embrasseront leur véritable nature, sauvage et farouche, bienveillant et protecteur envers la Terre et les animaux, tout comme moi.

Moon – Merci beaucoup de m’avoir aidé à ne pas perdre confiance en l’humanité. Je sens déjà ma lumière revenir. Quand je verrais le soleil avant de me coucher, je lui raconterais ce que tu m’as dit. Il a été assez contrarié par ce qu’il a vu ces derniers temps, et vous savez qu’il devient toujours tellement chaud quand il est en colère.

Shiva et la Lune se saluèrent avec respect et gratitude, tandis que la Lune parti se coucher Shiva replongea dans une profonde méditation.

 

Teaching Tips

1. Parlez de l’environnement, de l’écologie et de la protection de la nature comme étant la tâche la plus importante d’un yogi. Faites le lien entre le corps physique faisant partie de la nature et la nature faisant partie du corps physique. Faites référence à la pratique d’Asana en tant que pratique consistant à renouer des liens avec la nature à travers et sous la forme du corps. L’Âsana comme une connexion à la terre.

2. Parlez du lien entre les incendies en Amazonie, dans toutes les forêts et l’élevage de bétail. Incitez les élèves à regarder Cowspiracy ou partagez toute autre source d’informations que vous avez trouvée inspirante

3. Rappelez aux élèves (et aux enseignants) que l’adhésion à un régime alimentaire et mode de vie végétalien est inévitable si nous voulons que cette planète reste en vie.

4. Concentrez-vous sur la méditation comme moyen de création d’espace pour ce qui se cache derrière les pensées. La méditation est un moyen d’apporter compassion, amour et compréhension.

5. Découvrez le caractère sauvage du chant / de la voix. Chantez les mantras de Shiva plus longtemps pour permettre aux gens de surmonter la conscience de soi et d’oser vraiment chanter à tue-tête pour ressentir comment le mantra peut surmonter les pensées, les peurs et les inquiétudes.

6. Assurez-vous de consacrer suffisamment de temps au Shavasana et indiquez qu’elle est supposée être une pratique qui consiste à abandonner le corps physique et à avoir éventuellement de moins en moins peur de la mort.

7. Enseignez Natarajasana ou Kala Bhairavasana ses variantes et racontez des histoires sur Shiva qui rappellent a la nature sauvage.